A l'heure où les campagnes municipales démarrent l'Université PUBLIQUE se voit menacée par des projets aux allures de business plan.
En effet, selon Gérard Collomb, candidat à la municipalité de Lyon, l'université se doit de "construire des Masters labellisés", de "valoriser les productions et publications
scientifiques", ou bien d' "optimiser la gestion des Ecoles Doctorales", ...
Le vocabulaire de base est simple: profit, rentabilisation, performance, financement privé, .....
Extrait du "Projet" de Gérard Collomb: p. 78 à 81
2- Réussir l’Université de Lyon
L’Université lyonnaise est en pleine mutation. Cette mutation a été engagée il y a déjà trois ans
avant même les lois programme sur la Recherche et l’Enseignement Supérieur. Ce vaste
mouvement, nous avons souhaité l’accompagner dès l’origine en soutenant les Présidents
d’Université et plus tard en accompagnant la structuration du PRES. Mais nous sommes convaincus
qu’il faut aller plus loin et plus vite car l’absence récurrente de lisibilité à l’échelle mondiale de nos
universités en France (cf. classement de Shanghaï) impose des moyens et une ambition forte. Dans
cette perspective, nous avons souhaité une implication forte de nos collectivités pour accompagner
le déploiement de l’Université de Lyon et c’est en ce sens que nous avons élaboré un contrat cadre
réunissant la Région Rhône-Alpes, l’Université de Lyon et le Grand Lyon et ce pour la période
2008-2010.
Construire une politique de site ambitieuse, proposer une formation et une recherche d’excellence
notamment sur les niveaux master et doctorat, renforcer la valorisation de la recherche en
mutualisant les compétences avec les structures territoriales telles que les pôles de compétitivité et
les RTRA20 et RTRS21.
Ainsi, nous pensons que l’Université de Lyon devra relever en priorité les enjeux suivants :
- le développement d’une formation et d’une recherche d’excellence pour attirer les talents et
rayonner sur le plan international,
- l’accueil des étudiants et des chercheurs,
- le rapprochement avec la sphère économique afin de relever les défis de l’innovation
- l’ancrage dans le territoire métropolitain à travers une politique de site ambitieuse
2.1 Développer une formation et une recherche d’excellence pour attirer les talents et
rayonner sur le plan international
Il s’agira de travailler à plusieurs niveaux :
- construire des Masters labellisés Université de Lyon à visée internationale, interdisciplinaire et
articulés aux pôles de compétitivité et aux RTRA et RTRS, tels qu’un master de Biosciences,
master Chimie, master Transport,
- valoriser les productions et publications scientifiques de l’«Université de Lyon » en
systématisant la double signature «Université de Lyon » / établissement et organiser de grandes
conférences scientifiques « Université de Lyon »,
- optimiser la gestion des Ecoles Doctorales à travers un Collège Doctoral International et en
mettant en place un observatoire chargé du suivi et de l’accompagnement des Docteurs de
« l’Université de Lyon »,
- accroître la mobilisation et l’implication de certaines disciplines sous représentées notamment
au niveau des Sciences Humaines et Sociales afin d’éviter un décrochage des Sciences molles
par rapport aux Sciences dures.
Afin d’améliorer son attractivité internationale pour les chercheurs et enseignants, l’Université de
Lyon devra développer une offre performante en matière de mobilité interne et externe en
s’appuyant notamment sur les outils existants (Centre de Mobilité, Centre d’Information
Internationale).
Le PRES devra développer une politique ambitieuse dans le domaine des coopérations
internationales. Ces coopérations devront privilégier les secteurs d’excellence de l’Université et
notamment ceux sur lesquels nous aurons besoin des meilleurs chercheurs. Ainsi par exemple dans
le domaine de l’Infectiologie, la création par LyonBiopôle d’un Centre d’Infectiologie (CI)
nécessitera d’héberger dans un même lieu des équipes collaboratives (public - privé, entreprise -
université, …) pour faire émerger et accompagner des projets de R&D. Cela nécessitera de gros
moyens d’investissements tant publics que privés et permettra d’attirer l’excellence mondiale en
terme de recherche dans le domaine de l’infectiologie. L’Université de Lyon devra être pleinement
impliquée sur la « chasse des meilleurs talents » en lien avec nos pôles de compétitivité.
L’Université de Lyon bénéficiera également de moyens marketing appropriés notamment à travers
le dispositif ONLYLYON.
2.2 Faire de l’Université un acteur majeur de l’innovation
L’objectif, de faire de l’université un acteur majeur de l’innovation, ne peut être relevé que si nous
construisons une université qui se différencie à l’échelle nationale et européenne dans sa capacité à
établir des partenariats avec la sphère économique afin de mieux innover et développer encore plus
avant l’esprit entrepreneurial.
Pour relever ce défi de l’innovation, il faut renforcer le PRES en matière de valorisation de la
recherche, en lien avec les pôles de compétitivité et ce afin :
- de détecter les projets les plus innovants,
- de porter et financer les projets dans les phases critique notamment entre la phase de recherche
fondamentale et de recherche appliquée permettant le développement industriel (le maillon
manquant),
- de développer le marketing technologique,
- de sensibiliser les chercheurs à la valorisation et à l’entrepreneuriat,
- d’accroitre l’engagement des entreprises et notamment les PME et TPE dans les projets de
recherche.
Le déficit français est patent sur le champ du transfert et de la valorisation de la recherche et ce
quelque soit le secteur d’activités. Le travail de structuration de l’Université de Lyon à travers le
PRES est essentiel, et dans ce cadre notre capacité à accompagner le PRES dans la mutualisation
des structures de valorisation est essentielle, car ce regroupement permettra de concentrer des
moyens et de fait, d’attirer plus facilement du financement privé. Ceci supposera d’être plus
ambitieux, moins cloisonnés dans les approches. Ainsi pour atteindre cet la structure Lyon Science
Transfert devra jouer un rôle pilote.
L’expérimentation réussie dans le cadre du Cancéropôle CLARA de la preuve de concept pourrait
être élargie et permettre le portage et le financement des projets de recherche dans leur phase
critique, le fameux maillon manquant
Par ailleurs, le lien avec la sphère économique pourrait être utilement renforcé en mettant en place
au sein du PRES une « fonction Entrepreneuriat », dont le but serait de sensibiliser les doctorants à
l’esprit d’entreprendre, à leur permettre de valoriser leurs projets en les formant aux techniques
entrepreneuriales. Cette mission pourrait être utilement coordonnée avec Lyon _ Ville de
l’Entrepreneuriat.
Mobiliser de nouvelles sources de financement et notamment des fonds privés (fund raising) sera
déterminant. Le fund raising sera de plus en plus nécessaire car les ressources publiques
« allouables » sont limitées. Il concerne des projets industriels, de recherche, de formation
(financement des universités), mais concernera aussi des projets culturels et événementiels.
Il nous faut passer la vitesse supérieure sur ce volet. Nous disposons de quelques outils à travers les
fondations mais dont l’éclatement et la petitesse ne permettent pas d’envisager des actions
d’envergure. La financiarisation de l’économie démontre chaque jour la place et le poids des fonds
d’investissement. Notre enjeu sera bien demain - si l’on veut jouer dans la cour des grands - de
pouvoir attirer les fonds sur les projets lyonnais quelle que soit leur nature (industriel, recherche,
culture…). De nouveaux véhicules de financement sont certainement à imaginer à l’image de la
fondation que vient de créer Lyon I avec des entreprises privés.
Le regroupement de Fondations et/ou la création d’une grande Fondation d’entreprises de
l’Université de Lyon pour financer les projets constitue un enjeu fort et une condition essentielle
pour relever ce défi de l’innovation (avoir la plus grosse fondation Bio de France). Il s’agira
également de poursuivre les relations établies avec la Fondation Gates dans le domaine de
l’infectiologie et ce en rapport avec LyonBiopôle et la Fondation Mérieux.
Nous devons également relever le défi de l’innovation en inscrivant très rapidement la communauté
scientifique et universitaire lyonnaise dans la nouvelle configuration européenne en cours de
définition à travers l’Institut Européen de Technologie (I.E.T) lui-même composé d’une dizaine de
Communauté de Connaissance et d’Innovation (C.C.I).
En lien avec Grenoble, nous devons inscrire Lyon dans ces Communautés de Connaissance et
d’Innovation sur le thème de la santé. C’est le prolongement international de ce que nous avons
construit ces dernières années : LyonBiopôle - Minalogic - RTRA - RTRS, et cela devrait nous
permettre d’accélérer les partenariats avec les meilleurs acteurs publics / privés européens : EPF22
de Lausanne, Université de Karolinska à Stockholm, Heidelberg…
2.3. Inscrire l’Université dans son environnement territorial
Après l’innovation et l’international, l’ancrage territorial de l’Université est le troisième pilier
indispensable à son développement. Parallèlement à la structuration du PRES, nous avons souhaité,
dès Mars 2007, lancer une réflexion prospective pour anticiper sur les besoins et les évolutions des
campus à horizon 2015. Cette réflexion portée dans le cadre du Schéma de Développement et
d’Aménagement Universitaire devra nous permettre de définir :
- un positionnement des campus spécialisé et/ou généraliste en les rendant plus lisible notamment
par rapport aux pôles de compétitivité,
- les équipements et infrastructures (desserte notamment à réaliser),
- les zones à densifier ou à étendre, les capacités d’accueil et les réserves foncières nécessaires,
- les niveaux et la hiérarchisation des investissements.
D’ores et déjà nos axes prioritaires seront :
- le renforcement de la Doua en tant que campus dédié aux sciences de l’ingénieur et à la chimie,
- le réaménagement des pôles périphériques tel que Bron Parilly et le Pôle Ouest,
- la structuration sur Gerland d’un véritable campus dédié aux sciences de la vie,
- la création sur le Confluent d’un nouveau pôle d’Enseignement Supérieur dédié notamment aux
fonctions managériales et centres de décision en lien étroit avec le campus Gerland : le campus
en hauteur.
2.4. Regrouper les trois universités lyonnaises
Parachever ce qui a été entrepris depuis ces deux dernières années en constituant notamment le
PRES le plus important de France doit nous conduire à penser le regroupement des trois universités
lyonnaises. Ce regroupement de Lyon I, II et III créerait à Lyon la première université de France par
le nombre d’étudiants (90.000). Elle constituerait ainsi un pôle unique par la diversité des
disciplines enseignées (droit, économie, gestion, lettres, sciences humaines et sociales, sciences et
technologies, santé). Elle faciliterait la complémentarité des équipes de recherche, renforcerait le
sentiment d’appartenance des étudiants, favoriserait leur accueil. L’harmonisation des politiques
sociales permettrait un meilleur service pour les personnels. Le regroupement permettrait une
simplification administrative (tutelle des laboratoires de recherche notamment) et donc la
réaffectation de moyens au bénéfice des étudiants et des chercheurs.
L’attractivité du site serait renforcée avec une seule Université et des Ecoles et Instituts d’une
grande notoriété offrant une offre exceptionnelle de formations.
Pour consulter l'intégralité du texte :
www.aimerlyon.com/documents/GC-Projet.pdf